On peut rêver et croire que chaque année qui arrive sera belle. Pourtant, 2010 a commencé avec une catastrophe ! La terre a tremblé à Haïti, tellement tremblé que le malheur de ce pays a déchiqueté nos mots ici. La mort trop obèse de là -bas a glissé jusqu’à nous par les commissures de l’horizon.
Il n’y a plus de pays lointains de nos jours et nous avons, qui que nous soyons, où que nous soyons dans le monde, plus de souffrance à partager que de bonheur à épingler à notre boutonnière.
Heureusement, romanciers et poètes peuvent toujours continuer à écrire ; à tenir tête à la langue et tenter de publier au mieux leur production, dans un monde qui semble plus avide de mots frelatés, délavés ou même ouvertement mensongers…
A chacun sa besogne, son acharnement, ses jaillissements pour espérer fertiliser l’imaginaire de ses voisins ou de lointains antipodistes.
A chacun d’essayer de vivre encore comme si la mappemonde était une marelle où jouer sans jamais tomber dans l’Enfer.